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Apocrypha Apocalypso
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MessageSujet: Réflexions |[ Locked ]|   Dim 3 Mar 2013 - 1:19

À quoi bon la vie ? Quand on sait que tout nous a déjà quitté, quand on se sent tellement vide et seul et minable, que notre vie se résume à un petit brin de rien et un petit brin de quelque chose, chose sur laquelle on ne peut coller un nom tellement elle est indéfinissable et floue. Quand on sait que rien de pire ne peut nous arriver, quand on sent que la dernière feuille est sur le point de se détacher du rouleau. Quand plus rien n'a d'importance apparente, ni le fait de perdre les êtres qui nous ont été chers, ni le fait d'être à découvert, ni le fait de se faire tromper par l'être aimé. Aimer, un bien grand mot de ce que j'en sais mais, ai-je seulement déjà aimé ? Une bien grande question là aussi ; question que souvent je ressasse lorsqu'attendri, mon regard se pose sur le visage endormi de l'un ou l'une de mes conquêtes ou au contraire, lorsque mon corps se penche nonchalamment sur ces macchabées encore sanguinolents que je viens d'éplucher telles des bananes. Quand mes narines se délectent de cette odeur métallisée, que mes lèvres trempent dans la substance rouge et chaude qui sort de la plaie béante. C'est vrai. Ai-je déjà aimé ? C'est une bonne question, une très bonne question.

À quoi bon résister ? Quand même les photographies que tu fais ne reflètent plus la réalité, quand tous les décors sont en noir et blanc, que seule ta silhouette au beau milieu demeure une tâche rougeâtre, vieillie et érodée par le temps et dont on ne distingue plus qu'une masse quasi-informe. Lorsque tout ton entourage connaît tes souffrances, tes faiblesses et tes vices mais ne fait rien pour que tu t'en sortes. Tout le monde ferme les yeux devant ces choses ignobles et les gens redeviennent des chevaux de trait auxquels on aurait mis des œillères, histoire qu'ils ne voient pas tout ce qui se passe chez le voisin. Ce même voisin pourrait se tailler les veines à leur droite qu'ils ne s'en rendraient même pas compte. Il n'y a qu'une chose, qu'une personne une seule au monde qui a jamais fait attention à ma santé. Désolé Iska, mais je sens que je m'en vais. Ce n'est pas cette lame qui me coupera cette fois. Ce n'est pas non plus quelqu'un qui m'abattra. Ce n'est pas ce colt, ce n'est pas cette frénésie et ce ne sera pas non plus cette rame de métro. Je vais me laisser mourir, Iska.

Plus rien ne me rattache à ce monde. C'est un suicide égoïste, comme le dirait si bien ce cher Durkheim. Mon lien à la vie s'est détendu et je sens que la corde est sur le point de rompre. Qu'est-ce qui nous maintient encore debout ? Ce n'est qu'un harnais invisible dirigé par nos propres pensées. Il ne tient qu'à nous de le dessangler, de se détacher et se laisser tomber.

Là, vacillant près de la bordure du quai, les yeux vides de toute expression et de tout sentiment, je réfléchis à la condition humaine. Qu'est-ce que la vie ? Pourquoi la vie ? Non. Pourquoi la vie sur Terre ? Nous traitons cette Terre comme si nous en avions une autre à disposition en cas de panne. Malheureusement, si la mort ne nous emporte pas avant, ce sera l'air des rues qui le fera. Dans vingt ans, nous vivrons sous terre pour se préserver. Et au lieu de polluer la surface, nous polluerons l'intérieur. C'est comme une pomme qui pourrit. La peau commence à moisir, puis ensuite c'est toute la chair qui devient noire. Quand on y pense, c'est un peu comme la drogue crocodile. On l'appelle comme ça parce que la peau se nécrose à l'endroit où l'on se pique. Puis c'est tout le bras que ça infecte. Puis tout le corps. Et l'on finit par en mourir. Pauvres crocodiles, ils n'ont pas demandé ça eux.

J'entends la rame qui se rapproche. C'est la deuxième depuis que je suis planté là. Ça doit bien faire vingt minutes que je cogite. Est-ce que je dois vraiment me laisser choir sous ce métro et ne plus jamais revoir la lumière ? Le bourdonnement sourd est encore loin. Je bascule en avant, juste pour voir comment mes organes réagissent à l'approche du danger. Bof. Ce n'est pas très concluant. Même pas un battement de cœur loupé, pas même un cillement. Mon estomac n'est pas noué, mes muscles pas crispés. Alors c'est ça d'avoir peur ? J'aimerais bien avoir peur plus souvent. C'est sacrément détendant comme situation. Être penché au dessus des rails, la tête prête à exploser contre la devanture en ferraille de la rame. Oui, ça détend. Entendre le hurlement lointain de ce monstre de fer, le martèlement de ses roues contre les joints des rails, en être tellement imprégné que tu t'en assourdis. Rien autour de toi ne pourrait te réveiller de ce profond songe, pas même une main posée sur ton épaule. Qui peut encore me sauver ? C'est désert ici. Ce métro qui va passer ne dessert pas cet arrêt. Lorsqu'il passera, il sera lancé à pleine vitesse. Du plus de 150 km/h dans la face.

Une explosion de bonheur : la fin d'une vie de souffrances.

Ce soir, le conducteur pourra nettoyer de la cervelle sur son pare-brise. Je l'attends. Il est encore loin, je l'entends, un bourdonnement lointain qui se précise au fil des secondes qui passent.

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