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 Soleil couchant. [Elleyson]

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Tres Iquus
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MessageSujet: Soleil couchant. [Elleyson]   Jeu 22 Nov 2012 - 21:18

    Marchant à travers la plaine, j'ai fini par arriver au bord d'une falaise. Des rocs escarpés s'offraient à ma vue, sur une vingtaine de mètres de hauteur. Par le passé, je me souviens avoir voulu sauter d'une hauteur pareille, m'écraser, fracasser mon crâne sur l'un de ces rochers et que mon corps soit emporté par la houle. Mais plus maintenant. Si je tombais, ce serait ma tête dure d'homme buté qui fendrait la pierre et l'écume blanche léchant la paroi reculerait à mon approche. Je me tiens debout, là, le bout de mes rangers dans le vide, méditant mes propos. Je regarde le large, la mer qui s'étend à perte de vue et les mouettes criardes fendant le ciel à la recherche de poissons peu futés. De temps à autres le zéphyr vient me pousser dans le dos, faisant légèrement basculer mon corps en avant. J'ai confiance en mon équilibre et en ma masse corporelle. De toute manière, avec ce poids dans ma jambe et dans mon bras, je me demande bien quel vent assez puissant pourrait me déséquilibrer, à cette hauteur. Il y a des points beaucoup plus élevés sur l'île desquels je pourrais tomber bien plus aisément avec une infime brise. Cependant, ma formation intensive m'empêche de me laisser choir tel un vulgaire poids du haut de ce récif. Je pose les yeux sur la roche, taillée comme des pics à glace sous moi, n'attendant que de me happer au moindre faux pas. Je leur adresse un regard hautain et supérieur. C'est bien les seuls qui peuvent encore le voir tel quel.

    Retournant à mes élucubrations mentales, je finis par m'accroupir au bord du gouffre à la gueule béante. La mer n'est pas agitée, c'est dommage. Une mer déchaînée est le tableau idéal pour tout peintre qui se respecte. Malheureusement, ce spectacle a déjà été exploité des centaines de fois sous tant d'angles différents qu'un artiste qui tenterait d'innover ne ferait que plagier inconsciemment et bêtement la création de ses pairs. Je soupire et m'assois, les pieds ballant dans le vide. Je me demande pourquoi je pense autant, ce n'est pas bon pour le cerveau tout ça. Ça pourrait faire des noeuds dans le sac... est-ce pour combler l'absence de mots dans mes phrases ? Ou pour combler le manque de phrases en elles-mêmes ? Sûrement. Il est vrai que je ne suis pas quelqu'un de très... causant. Je suis certainement quelqu'un de très intéressant, pour quelqu'un qui prend la peine d'attendre que je daigne ouvrir la bouche. Il faut néanmoins avouer que peu de personnes ont déjà eu la patience d'attendre tant de temps... ça peut parfois prendre des heures. Dans mes bons jours, quelques longues minutes tout au plus. Mais bon, je ne suis pas bavard et on ne me changera pas. C'est comme ça. Je cogite beaucoup, pourtant, bien souvent, rien ne filtre.

    Depuis combien de temps suis-je ici à présent ? Avant de sortir ma montre, je tente une expertise personnelle. À vue d'oeil, je dirais une heure et demie tout au plus. Le soleil a eu le temps de descendre embrasser l'horizon, il doit être aux alentours de... 18H30 si je ne m'abuse. En hiver, le soleil se couche tôt. L'astre s'apprête d'ailleurs à tirer sa révérence. Je l'observe quelques secondes en tirant ma montre de ma poche intérieure. Mes doigts sont gelés, j'ai du mal à la tenir en main et la malheureuse glisse puis ricoche à mes pieds. Je la vois dégringoler la falaise. Finalement, les dents effilées que forment les pierres auront eu leur repas. Maigre souper me direz-vous...
    Je reste là, les jambes écartées, les yeux plongés dans l'eau à vingt mètres plus bas, l'air légèrement ahuri quoiqu'un poil stoïque. Plus aucun signe de ma montre. C'est bête, je l'aimais bien celle-ci. Il faudra m'en acheter une nouvelle demain, c'est pas pour dire mais c'est que c'est quand même sacrément utile une montre. Notamment pour se tenir au courant de l'heure qu'il est. Qui sait, je pourrais planter toute une après-midi dans un coin tranquille que je ne m'apercevrais même pas du temps qui passe, sans ce petit bijou à mes côtés. Un vrai tête en l'air...

    Mais voilà qu'un bruissement, non loin derrière, vient m'extirper de ma songerie. Comme des feuilles qui s'agitent au passage d'un corps étranger. Je tends l'oreille sans bouger, aux aguets d'un éventuel bruit de pas ou d'une voix, d'un air chantonnant... je ne voudrais pas troubler une innocente balade avec ma paranoïa incessante.

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MessageSujet: Re: Soleil couchant. [Elleyson]   Ven 23 Nov 2012 - 21:29



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MessageSujet: Re: Soleil couchant. [Elleyson]   Sam 24 Nov 2012 - 23:29

    Le bruissement vient de bruit de pas et ces bruits de pas d'un humain de taille moyenne, plutôt frêle compte tenu du sol, du son émis et de la portée. Une démarche allègre mais hésitante, qui malgré tout se dirige vers moi. Je ne tourne pas la tête. À quoi bon, je ne connais sûrement pas cet homme - ou cette femme - et je n'ai pas un brin de causette. Qu'est-ce que je pourrais bien lui dire ? Et puis, ce n'est pas dans mes habitudes de parler à de parfaits inconnus, au bord du vide. En dépit de mon apparence froide, voire de marbre, la personne s'approche encore pour venir se placer à ma gauche. À quelques mètres. On se sait jamais hein, par prudence des fois que je morde... warning, war hound. N'empêche, il a raison. Elle... ?
    Je regarde du coin de l'oeil la bête curieuse vaguement définie en tant qu'être humain qui se tient debout près de moi. Corpulence moyenne, taille moyenne, longs cheveux verdoyants. Je n'arrive définitivement pas à coller de sexe sur ce physique. On s'y méprendrait, mais à première vue toute personne sensée répondrait une femme. Cependant à y bien regarder - aussi bien que mon regard jeté de biais me le permet - je peux voir des traits, ma foi fins, mais typiquement masculins. Je m'en tiens pour l'instant à l'idée que cet être est asexué et que, jusqu'à preuve du contraire, je le maintiendrai. Le mammifère prend alors la parole. S'il (nous dirons il jusqu'au moment où nous aurons pu définir son sexe, pour la simple et bonne raison que l'on dit "un" être humain ou "un" mammifère) trouble mon havre de paix ? Pas le moins du monde, pourvu qu'il ne se foute pas en travers de ma vue - ce qui entre nous paraîtrait difficile étant donné de l'endroit où je me trouve. Il fixe inlassablement le sol, vingt mètres au dessous, comme s'il cherchait quelque chose sans le trouver. Pour toute réponse, je lui sers un magnifique :

    « J'ai perdu ma montre. »
    Très bien. Maintenant, cette personne ici présente va te prendre pour un fou échappé de l'asile. Écrasant le ridicule à mes pieds tel un vieux mégot de cigarette je lève vers lui un regard noir et insistant puis ajoute, comme pour appuyer mes propos :

    « C'est fâcheux. »
    Et là, c'est le pompon. Je vois derrière moi les clowns qui dansent la macarena et la musique de foire résonne à mes oreilles comme une évidence : Tres, tu n'es qu'un imbécile qui de surcroît vient de se couvrir de ridicule. Rattrape-toi et vite, sinon tu vas faire fuir le poisson.
    Maintenant la tête tournée vers lui, j'en profite pour le dévisager de manière toute aussi loufoque que mes deux morceaux de phrases. Et force est de constater qu'effectivement, cet individu duquel je n'arrivais pas à identifier le sexe, n'est autre qu'un homme. Ou une pucelle étonnement plate. Donc basons-nous sur la théorie selon laquelle a (défini par un corps humain) - b (défini par une paire de seins) = un homme. Troublé par cette dizaine de mots lancés dans un pur sentiment de désespoir, je lui adresse un sourire à mi-chemin entre la grimace et le sourire type du mec gêné. Ça change de mon expression fermée et de ce visage dur comme de la rocaille qui colle à ma peau aussi fort que de la super-glu. L'autre semble l'avoir remarqué : ce visage tant détesté et détestable qui ne me lâche pas, qui revient à la charge. Je le cache en me détournant. Mes yeux se posent quelque part dans le ciel, sur l'un de ces nuages rosés et orangés balaient l'horizon, annonçant du vent pour la semaine. Dommage, il faisait plutôt doux pour un mois de Novembre. Il faut croire que les bonnes choses ne durent guère, tout comme cette montre qui doit déjà lécher les profondeurs des mètres et des mètres plus loin, emportée par le remous. Inconsciemment, je tente de m'accrocher à une prise invisible perdue quelque part dans mes pensées, pour montrer à cet homme que je ne suis pas -entièrement- fou.

    « Vous ne me dérangez pas au contraire. Asseyez-vous. »
    Et cette voix d'outre-tombe, qui ne sied tellement pas à ce dont je suis fait, à mes pensées, à ma façon d'être. Cette voix sèche, stricte, militaire. Qui semble donner un ordre même quand elle parle d'amour. Qui émet des sons mats, ternes, monocordes et sans aucune musicalité. L'armée change un homme, elle l'avilit et l'aigrit plus que jamais. Faites l'armée et votre vision du monde extérieur en sera à jamais entachée. Bienvenue dans ma tête.

    Au beau milieu de toutes ces élucubrations silencieuses, j'en ai presque oublié mes cordes vocales. Qui pour une fois, et c'est un jour à ne surtout pas oublier, ont fonctionné à merveille au premier contact avec une personne physique et morale ! J'ai comme une sensation dans la gorge, une boule toute chaude que j'aurais du mal à avaler. J'ai beau déglutir qu'elle est toujours là, agrippée à ma trachée. Je toussote. C'est une sensation douce et étrange de parler à quelqu'un, quelque chose qui ne m'arrive guère et qui, lorsqu'elle s'abat sur moi, ne vient jamais les mains vides : elle amène toujours avec elle son lot de questions et de sujets à polémique que je traite avec moi-même. Un combat entre l'hémisphère droit et l'hémisphère gauche de mon cerveau. Un conflit perpétuel et ininterrompu depuis moult années...
    Actuellement, je pense que "dois-je engager la conversation en premier ou laisser mariner ?" est la question qui se positionnerait la plus aisément à la première position de mon Top x (multiplié par le nombre incalculable de questions). Aussi je décide d'au moins être sociable...

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MessageSujet: Re: Soleil couchant. [Elleyson]   Mar 27 Nov 2012 - 19:11



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MessageSujet: Re: Soleil couchant. [Elleyson]   Mar 27 Nov 2012 - 22:10

    Visiblement, l'inconnu a la parlotte facile. Espérons que cela va me désinhiber un peu, car pour l'instant mon fort intérieur semble assez stressé et peu enclin à engager une conversation malgré le fait que je lui ai proposé de s'asseoir avec moi. C’est qu’un brin de causette ne me dérangerait pas, mais c’est comme si les mots restaient toujours bloqués dans ma gorge. Parfois j’ai envie de parler, mais souvent rien ne sort. J’ai les pensées et les phrases, mais mes cordes vocales ont comme un quota de mots à ne pas dépasser par jour. J’aimerais bien me forcer. Parfois j’essaie, souvent j’échoue. C’est pas faute de volonté, c’est… une sorte d’entité intérieure à moi-même qui ne veut pas que je parle, qui m’écarte du contact des autres. Après tout ce n’est pas plus mal, comme cela je peux me vanter de n’être pas l’un de ces moutons de la société qui fait semblant, qui feinte d’être sociable pour paraître plus ceci, ou moins cela vis-à-vis des gens. Moi, c’est pas que je n’aime pas les gens. Je m’en méfie, c’est tout. On ne sait jamais sur quel illuminé on peut tomber à notre époque, vous savez… ?
    Notre ami continue de fixer l’horizon quelques secondes et voilà qu’il s’assoit. Ça ne m’aurait pas dérangé qu’il décide de finalement s’éloigner, cela m’aurait évité d’avoir à être quelqu’un de normal alors que je ne le suis pas vraiment. Mais le destin en a décidé autrement, alors socialisons ensemble mon ami ! Maintenant que tu connais mon prénom et que je connais le tien parce que tu viens de me le donner, nous sommes intimes n’est-ce pas ? En le regardant du coin de l’œil, discrètement, j’ai pu voir le seul iris que j’aperçois changer légèrement de couleur. Une nuance de bleu-gris ma foi assez froide, c’est étrange. Mais j’ai déjà entendu parler de ce phénomène, à ce qu’il paraît ce sont nos hormones qui gèrent la couleur de nos yeux, et paraîtrait-il aussi que notre iris, grâce à ou à cause de nos hormones, peut changer de couleur par moments et selon nos émotions. Je me demande alors à quel sentiment correspond cette couleur… en toute logique, une couleur froide pourrait exprimer un sentiment de peine ou de tristesse, ou toute émotion négative se rapprochant du néant mental. Faut croire que des hormones, je n’en ai plus dans ce cas. Mes yeux n’ont pas changé de couleur depuis que je suis né ; j’ai entendu dire que lorsqu’on a trouvé mon couffin devant l’orphelinat j’avais les yeux d’un bleu cristallin, mais qu’ils se sont assombris lors de mes premiers mois. Je suis bien comme je suis, j’ai envie de dire.

    Alors que je continue d’interpréter le soudain changement de couleur des yeux de notre ami, ce dernier reprend la parole. Oui, je sais, c’est dommage. Une montre à gousset de grande valeur, bla, bla, bla. Si je me trouvais face à un humain tout à fait banal, j’aurais tendance à penser que c’est encore une technique sociale qui tendrait à flatter l’interlocuteur pour se le mettre en poche mais étrangement, avec ce garçon, j’ai du mal à m’imaginer ce genre de comportement. Il a l’air sincère, d’une sincérité troublant je dirais même. J’acquiesce lentement, pour valider ses propos. C’était effectivement une montre à gousset, une vieille, du siècle précédent. Je l’avais trouvée dans une boutique d’antiquités, prenant malheureusement la poussière derrière une vitrine sale. Je l’avais depuis un bon moment, toujours dans ma poche. Il faut croire que toutes les bonnes choses ont une fin.
    Voilà que, de ses grands yeux bleu-gris, le jeune homme me somme de me laisser prendre en photo. La sonnette d’alarme retentit dans ma tête… elle hurle inlassablement « NON, NON, NON, NON ! ». J’ouvre la bouche puis la referme presque automatiquement, semblable à un gobie qui attend sa pitance. Je la rouvre avec la ferme intention de refuser – de manière polie et courtoise – sa requête, mais mes yeux croisent les siens, pétillants de joie, et ses lèvres étirées en un large sourire franc me font renoncer à ma première réponse. Brisant soudainement ma façade de marbre, un sourire pensif (mais un sourire quand même) adoucit mes traits l’espace d’un instant. Baissant les yeux, mon regard posé sur sa sacoche, j’acquiesce une nouvelle fois à ses propos mais cette fois-ci, mon mouvement de tête est plus vif et décidé que le précédent. Comment dire non à une chose si mignonne et qui a l’air si fragile à la fois ?...

    Comme si je prenais la pose, mon visage se tourne vers le large, et c’est les yeux perdus dans le vague que je croise les mains entre mes jambes. Je n’ai pas la même expression faciale que d’habitude. Ce n’est pas l’homme-congélateur que peut contempler Elleyson à travers son objectif, c’est le Tres qui vivait avant l’armée. Poétique, rêveur et mystérieux, un poil réservé, même si mon apparence trahit l’homme dur que je suis devenu. Dans un souffle, je pose la question qui me taraude depuis une bonne minute, depuis qu’il m’a posé la sienne.

    Est-ce que vous voulez que je prenne une posture particulière… ? C’est-à-dire que je n’ai jamais été l’objet d’une photographie quelconque, alors…

    Contrairement à d’habitude, ma tête ne me tourne pas lorsque je prononce ces mots. Ce garçon doit avoir une aura apaisante sur mon âme torturée… c’est bizarre à avouer, mais j’aime bien lui parler.

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MessageSujet: Re: Soleil couchant. [Elleyson]   Jeu 29 Nov 2012 - 14:21



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MessageSujet: Re: Soleil couchant. [Elleyson]   Lun 3 Déc 2012 - 14:07

    Que de compliments me direz-vous, pour un être si peu communicatif et aussi renfermé que moi… j’ai du mal à m’imaginer tel qu’il me décrit, un homme « superbe », une « œuvre d’art »… comment prendre tout cela ? Je sens malgré moi mes joues s’empourprer alors qu’il vient de sortir son cliché de son instantané. Je tourne la tête vers le jeune homme. Il tient entre ses mains un modèle rare de nos jours, assez ancien certes, auquel il doit tenir à peu près autant que ce que je tenais à ma montre à gousset. Je me mords inconsciemment la lèvre inférieure, j’aimerais bien avoir un si bel objet en ma possession moi aussi. À vrai dire j’aime bien la photographie ; si le cliché est bien pris, il peut retranscrire toute la beauté d’un lieu et même plus, tous les sentiments qu’il vous fait ressentir lorsque vous vous y trouvez. Un léger sourire flotte sur mes lèvres alors qu’une image de forêt sombre fleurit dans mon esprit.

    C’est pas faux tout ce qu’il me dit là. C’est même plutôt vrai, à l’évidence. Il n’y a pas grand-monde, du moins depuis l’accident, qui a eu l’occasion de s’approcher si près pour pouvoir me distinguer. Je préfère me tenir à l’écart, si vous voyez ce que je veux dire. Depuis cet incident à la base militaire, au sortir de mon opération, je n’étais plus que l’ombre de moi-même. N’arrivant pas à me retrouver, n’étant plus qu’un rebut de la société avec ces membres artificiels, j’ai fini par me complaire dans cette nouvelle situation et rejeter de mon propre gré les autres avant qu’eux ne le fassent.
    Elleyson me tend le bout de papier glacé après l’avoir agité, faisant apparaître l’image d’un homme grand assis sur le rebord d’une falaise, contemplant l’horizon. Est-ce vraiment moi ? J’attrape fébrilement l’instantané entre mon pouce et mon index pour le porter à mes yeux. En le regardant plus attentivement, je me dis qu’à ce moment-là je n’étais pas moi. Enfin, le moi de maintenant si j’ose dire. J’ai l’air si serein sur cette photographie. C’est cela, serein, il a bien trouvé le mot. Je rougis en repensant à tous ces compliments. Ce jeune homme est indubitablement très sincère et direct, tellement que j’en perds mes mots. Si j’en ai seulement eu un jour… je me contente de le remercier, un unique et simple mot qui résume la situation dans laquelle je me trouve. Visiblement, il m’offre le cliché. Je souris. À quoi va-t-il me servir ? C’est un peu vaniteux d’afficher des photos de soi dans sa pièce à vivre ou même dans sa chambre, et encore moins dans ses toilettes. Réfléchissant un instant, je glisse la chose dans l’une de mes poches intérieures avec précaution. Il ne faudrait pas que je l’abîme avant même d’avoir décidé où l’exposer… pour ne pas le vexer ou passer pour un rustre, je lui dis, souriant :

    « Je l’ajouterai à mon album photo… je lui dédierai une belle place en première page. »

    Il faudra que je pense à acheter un album photo. Au moins je n’ai pas menti sur toute la ligne : elle sera la première, elle introduira et ornera le livre ! Des fois que je décide de m’improviser photographe à mes heures, j’aurai quelque part où ranger mes clichés.
    Je ne l’avais pas remarqué avant, mais le temps s’est rafraîchi et je commence à trembloter. Un homme comme moi, trembloter… il faut que ça cesse, et vite ! Afin de m’instiguer un peu de chaleur, je me lève et m’étire. Bouger est le meilleur moyen de contrer le froid. Ou sinon, rester chez soi… tout simplement. Je pivote pour être face à mon interlocuteur, qui me demande tout de go si j’ai déjà dîné. J’aperçois dans son regard que la phrase est sortie telle quelle, c’est certainement l’une de ces idées de dernière seconde pour entretenir une conversation qui se meurt à petit feu. Je secoue la tête, non seulement pour chasser ces pensées totalement absurdes, mais aussi pour répondre à sa question. En effet cela fait quelques temps que je n’ai rien avalé, depuis huit heures au moins, n’ayant pas eu le temps de prendre un déjeuner. La proposition est alléchante puis, en y réfléchissant bien, je n’avais pas l’intention de rester ici toute la nuit. Cette dernière étant déjà bien avancée dans sa tombée, j’imagine qu’il est temps pour nous de tirer notre révérence à ces lieux pour nous en aller discuter et faire connaissance autour d’un bon verre de vin blanc…

    « Je vous invite. »

    Lui dis-je en tendant mon bras dans sa direction pour qu’il le prenne. S’il connait un restaurant non loin, c’est le moment ou jamais de m’y diriger s’il ne veut pas que je lui fasse remonter toute la ville pour l’emmener dans le seul que j’ai testé. Peu confiant, je lui pose tout de même la question avant de nous mettre en route.

    « À tout hasard, connaîtriez-vous un bon endroit où nous pourrions manger sur la plage ? »


    |[ HRP : Tu clos le topic et on les emmène se murger désinhiber dans un resto du coin ? :B ]|

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