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 " Quand est ce qu'on peut dire qu'on a cette maladie d'amour ? "

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MessageSujet: " Quand est ce qu'on peut dire qu'on a cette maladie d'amour ? "   Mar 1 Mar 2011 - 21:03

[ PV Sid ]

"C'est grave Docteur ?"

    Sécher.

    Ce verbe était le maître-mot de Nabuo. Depuis qu'il était rentré dans cette académie, il avait du assisté à seulement trois ou quatre cours. Pas plus. De toute manière, les peu de fois où il s'y était présenté, il avait seulement dormi.
    Sinon, quand il n'était pas en cours, il était soit dans sa chambre, soit en ville ou soit dans un jardin pour boire.


    Boire.

    Ce verbe était le deuxième maître-mot de Nabuo. Depuis le début de sa puberté, il en était devenu pas accro ni dépendant, mais il aimait vraiment boire. Alcoolique ? Cet adjectif ne le blessait pas quand les autres l'utilisaient pour qualifier l'albinos. Après tout, il s'était bien retrouvé en garde-à-vue pour cause d'état d'ivresse les trois quarts du temps. Mais qu'est-ce que ce liquide parfois amer était... bon ! Enfin bref.



    Le soleil avait maintenant dépassé son zénith depuis longtemps. Adossé à son lit, Nabuo, les yeux fermés, essayait de dormir. La nuit qu'il venait de passer avait été horrible. De part et d'autre à cause du garçon qui habitait la chambre d'à côté. Il avait pleuré toute la nuit, et parfois même, il avait hurlé. L'albinos n'avait pas pu fermer une seule fois l'oeil. C'en était horrible !
    Un mal de tête affreux tel une migraine avait même fait son apparition pendant la nuit. Encore un prétexte pour ne pas dormir... Donc pour faire passer le temps, Nabuo avait bu. Tout simplement.
    Midi passé, Nabuo avait donc dessoulé.

    Le jeune garçon pose un bras sur son front pour essayer de ne plus être éblouit par la lumière assez forte du soleil, malgré les volets. Dieu qu'il en avait marre de cette académie ! Il pria même pour que ces années qui arrivent dans cet établissement passeraient le plus vite possible.

    Se levant avec lassitude, Nabuo attrapa un t-shirt qui traînait par terre. Une fois le vêtement dans ses mains, il se dirigea vers son lavabo pour se laver vite fait son visage toujours aussi blanc. Tel une poupée de porcelaine. Le miroir qui ornait le mur où se trouvait le lavabo refléta le visage rempli de haine de Nabuo. Quand il leva les yeux pour se regarder, un élan de colère et de dégoût envers lui le submergea. Et, sans aucun contrôle, un bruit violent de fracas retenti dans la chambre de l'albinos. Ce dernier venait de casser la glace en millier de morceaux. Il l'avait frappé avec toute la force qui venait du dégoût que lui procurait son image. Dieu qu'il se détestait !
    Le poing en sang, il décida d'aller tout de même se vêtir d'un t-shirt noir où la couleur de son sang passerai plus inaperçue. Une violente douleur prit en surprise Nabuo. Se n'était pas la première fois qu'il se "mutilait" de cette sorte. Mais là, énormément de morceaux de verre s'étaient plantés dans le poing de l'albinos. Il avait terriblement mal. Une première chez lui, qui, d'habitude n'est pas douillé.

    Attrapant son sac de cours où seulement trois bouteilles de divers alcools y étaient déposées, Nabuo sortit de sa chambre après s'être bandé vite fait bien fait son poing toujours en sang. C'est quand il entendit le cri perçant d'une jeune fille de l'académie qu'il fut regardé par tout le monde. Malgré son bandage, son sang coulait par terre avec assez d'abondance pour que tout le monde aux alentours soit en terreur. Même une élève tourna de l'œil à la vue de tout ce sang. Nabuo soupira. Lui qui voulait passer inaperçue, c'était raté !

    Un surveillant le prit fermement par le bras et eu l'excellente idée d'amener l'albinos à l'infirmerie pour, je cite :
    Citation :
    "Là bas, ils calmeront ta blessure."
    Comme si Nabuo s'inquiétait de sa blessure. S'il pourrait en mourir de cette blessure, autant qu'on le laisse dans un coin et qu'on le laisse crever tranquillement ! Il n'avait rien demandé à personne lui !

    Une fois arrivé jusqu'à l'infirmerie, le surveillant installa Nabuo sur un des nombreux lits, pour la plupart d'entre eux vides, et il repartit. Nabuo ferma les yeux sur cette pièce aux murs trop clairs pour lui. Il commença même à s'endormir.
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MessageSujet: Re: " Quand est ce qu'on peut dire qu'on a cette maladie d'amour ? "   Mer 2 Mar 2011 - 20:42

Huit heures. Une sonnerie de réveil qui retentit à l'heure indiquée la veille, un bras qui cherche violemment le bouton d'arrêt, qui explose contre les coins de la table de chevet. Une ou deux griffures, une troisième un peu plus grosse. Enfin le silence, l'œil qui dépasse de la couverture. Le bras nu à l'extérieur de la chaleur des draps retourne lentement se terrer sous ces tas de tissus. L'œil se referme, replonge dans les tréfonds du sommeil.
Huit heures neuf minutes. La sonnerie retentit de nouveau. Rageusement, le bras sort de nouveau, appuie avec force sur le bouton stop, se heurte pour la quatrième fois au bord du meuble. Cri de rage émanant de sous les couettes.

« CHIIIIOOOOTTE. »

Une tête orange se redressa, les cheveux en bataille. Aucun n'avait sa place sur ce crâne et on aurait cru qu'ils représentaient une reconstitution de guerre épique. Peu importe son nom. L'œil du garçon était tout petit, presque clos et cachait sa couleur émeraude d'habitude si ravissante. A la place du second organe de vision, une cicatrice grossièrement faite, s'étalant exactement à la place de l'œil. La main du rouquin s'affala sur ladite cicatrice. Il se frotta la peau, comme s'il avait été question de voir plus clair, et s'aperçut soudain de son erreur.

« Chiiiioootte. »

Un grognement s'échappa de son gosier, suivi d'un crissement de dents. La fureur passa sur ses lèvres qui voulurent s'ouvrir de nouveau. Le jeune homme se mordit la lèvre pour s'empêcher de ronchonner une fois encore. Il passa sa seconde main sur son œil valide et essayer de le désembuer, le brouillard de la nuit encore trop présent dans son esprit. Son bras passa en trombe devant lui et son poignet s'arrêta au niveau de son nez. Flûte, il n'avait pas de montre. Désespéré de sa bêtise, son dos se pencha vers l'arrière et il se retrouva en position allongé. Main gauche sur le front, l'air songeur.

Huit heures dix-huit minutes. Et encore une sonnerie. Hors de lui, le rouquin se leva, attrapa l'objet de sa rage et le jeta sur son lit. Il prit un oreiller et étouffa la bête avec. Au bout de quelques secondes qui lui parurent une éternité, après avoir appuyé avec ses genoux, ses coudes, ses mains et sa tête sur le coussin, Sid lâcha prise, conscient du meurtre qu'il venait de commettre. Il n'aurait plus de réveil. Plus jamais il ne se lèverait à l'heure. Mais trop c'est trop. Cela faisait plus de six mois qu'il se réveillait à des heures qui lui semblaient les aurores, il n'en pouvait plus. Ce métier lui sortait pas les trous de nez. Les gamins qui venaient se plaindre pour un rien le rendait fou de rage, ceux qui simulaient un mal de ventre pour ne pas aller en cours le mettait dans un état effroyable. Bon sang, pourquoi devrait-il s'occuper de malades imaginaires alors que le soleil tapait si fort dehors ? Profiter du beau temps, profiter des gouttes de pluie, profiter de la neige : en bref, se prélasser à l'extérieur par n'importe quel temps ne lui était plus permis. Il regrettait parfois ses études, où il pouvait sécher les cours et photographier tout ce qui avait de l'intérêt. Personne ne lui disait rien. Mais là, c'était autre chose. Il ne serait pas payé, et sans aucun doute renvoyé s'il ne menait pas à bien sa mission de sauvetage.
Quoi qu'il en fut, le borgne se vêtit de son bandeau chéri qu'il passa derrière ses oreilles et qui masquait merveilleusement bien l'horreur qu'il avait au visage. Un jean, comme à l'accoutumé, lui servait de pantalon et il opta pour un joli tee-shirt kaki. Le haut n'avait pas d'importance car il serait camouflé par la blouse blanche qui l'attendait dans son infirmerie. Un rapide passage à la salle de bain et le monsieur était prêt.

En avant, toute. Une, deux, une, deux. Il marcha au pas de militaire jusqu'à son lieu de travail. Ses cheveux avaient, sans discuter, retrouvé leur place sur la tête de l'homme carotte, mais n'en avaient pas perdu leur couleur orangée. Maintenant, plus personne ne se retournait sur le passage de Sid. Tous avaient l'habitude de voir cette énergumène se balader gaiement dans les couloirs. Et souvent, ils se rendaient leur sourire ou se saluaient.
Ainsi donc, le rouquin arriva dans son infirmerie, et mit sa blouse de travail. Il avait presque l'air sexy. Presque. Il se posa dans son bureau, avachi sur sa chaise, à examiner des dossiers. Oui, il n'avait que cela à faire. Les élèves n'avaient pas encore commencé les cours ; aucun ne voulait se faire porter malade. Mais dans une demie-heure, les flots d'enfants seraient incessants. Le borgne songea un instant à finir sa nuit dans cette pièce. Mais il ne mit pas en place son idée, entendant des bruits dans la salle à côté. On venait d'entrer chez lui. Ni une ni deux, Sid se remit sur ses pieds, glissa son oreille sur la porte. Un surveillant semblait avoir apporté du boulot au jeune homme. Vu l'heure, ce ne devait pas être une fausse alerte. Peut-être. Peut-être pas. Seules les deux minutes suivantes nous le diraient. Lui diraient. Les pas de l'adulte qui accompagnait le patient s'enfuir du champ d'ouïe de Sid et celui-ci attendit un peu avant de pousser la porte et de faire face à ce patient. Il appréhendait toujours un peu les premiers instants. L'accueil était primordial et le rouquin était trop franc, trop direct. Ainsi les débuts étaient toujours un peu difficiles.
Un. Deux. Trois. La porte grinça un peu et finit par s'ouvrir entièrement, dévoilant l'infirmier à son patient. Ce dernier était installé sur un lit près de la porte, allongé, somnolant. Somnolant ? Oui, en s'approchant, Sid remarqua qu'il avait les yeux fermés. Et son poing était ensanglanté. Mais le rouquin ne fit pas attention à ça. Son œil contemplait le visage du jeune homme. Il avait les cheveux d'un blanc aussi blanc que le marbre, et ses oreilles étaient ornées de boucles. Mais ses lèvres étaient captivantes, tout comme ses paupières. Étrange, me direz-vous. Mais ce visage aux yeux clos étaient bien plus qu'attrayant. L'infirmier se tapa la paume contre la tempe, l'air de dire « Arrête de mater les jeunots et concentre-toi sur le boulot ». Il vit donc ce poing rouge vermeille, bandé à la va-vite. Quel travail de débutant. Sid se racla la gorge, pour sortir de sa rêverie le garçon. Il n'osa pas lui attraper le bras pour l'examiner. Autant attendre qu'il se réveille et ne pas passer pour un rustre.
Le borgne se racla une nouvelle fois le gosier, moins fort. Il passa sa langue sur ses lèvres et prit une voix douce, un sourire dessiné sur son visage.

« Jeune homme ? J'aimerais examiner attentivement votre plaie. Ne vous endormez pas tout de suite. »



EDIT. Remplacement du bras par le poing qui saigne. Je m'étais trompé.


Dernière édition par Sid Insane le Jeu 3 Mar 2011 - 11:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: " Quand est ce qu'on peut dire qu'on a cette maladie d'amour ? "   Jeu 3 Mar 2011 - 5:14

    Silence.
    Ce mot régnait dans cette pièce aux murs trop blancs pour les yeux rouges sangs de l'albinos. Son poing en sang le faisait atrocement souffrir. Mais la douleur, Nabuo en avait tellement l'habitude qu'il ne la sentait presque plus.

    Allongé sur ce lit pas vraiment confortable, Nabuo se laissait submerger par ce putain de silence qui était tellement bon. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas pu se reposer dans un silence de mort ? Bien trop longtemps à son goût. Il aimait tellement ça... Ça avait le don de le calmer. De l'apaiser. Pourquoi toutes les journées ne pouvaient pas être aussi calmes... ? C'était vraiment bon. Un des meilleurs remèdes surement.

    Les yeux toujours clos, Nabuo respirait la liberté à plein nez. De plus, il était seul dans l'infirmerie. Personne ne pourrait venir l'ennuyer. *En espérant que l’infirmière prenne tout son temps. Que je puisse dormir encore un peu* Nabuo commença à s'endormir. Pour tout avouer, il somnolait déjà. Pour une fois qu'il pouvait se reposer tranquillement, autant en profiter !
    Mais ça "sieste" ne dura que quelques minutes. Le fils des Fujirama fut retirer fans sa somnolence par le bruit véritablement désagréable du grincement d'une porte. Et bien, il ne serai pas rester longtemps tout seul... Il pria même pour que ce ne soit pas l'infirmière. Nabuo aurait trop honte d'avouer à qui que ce soit le pourquoi de sa blessure. Encore moins à une inconnue.

    Une inconnue... ? Ou plutôt, un inconnu... ? L'albinos entendit un bruit sourd. Une personne venait de se racler la gorge. Surement pour montrer sa présence à l'élève. Mais ce dernier fit la sourde oreille. Il préférait rester dans ses pensées.
    Donc, avec la gravité qu'avait produit le raclage, la personne se trouvant dans la même pièce que lui ne pouvait être une femme. Ou alors, il se trouvait nez à nez avec la femme à barbe !
    La personne dérangeant Nabuo dans son repos se racla une deuxième fois la gorge pour faire comprendre à l'adolescent qu'il n'était pas seul. Mais ce dernier refusa une nouvelle fois d'ouvrir les yeux ou même de parler.

    Le silence réapparut quelques secondes pour se faire briser comme le miroir que Nabuo avait cassé par une voix pas du tout féminine, mais bien masculine.

    « Jeune homme ? J'aimerais examiner attentivement votre plaie. Ne vous endormez pas tout de suite. »

    Cette voix... Elle était si douce, si mielleuse, si belle... Sûrement une des plus belles mélodies que l'albinos n'avait jamais entendu.
    Sa respiration s'accéléra. Son souffle devenait plus saccadé. Une chaleur étouffante l'emprisonna. Cette voix... C'était tellement bon ! Nabuo n'osa pas ouvrir tout de suite les yeux. Il avait trop peur de croiser le regard de la personne qui venait de lui parler avec une si gentillesse... Si gentille que s'en était troublant... Mais ne voulant pas vexer son interlocuteur, l'albinos ouvrit lentement et difficilement les yeux, trop éblouis par la lumière des éclairages et du soleil qui se reflétaient sur les murs d'un blanc trop blanc au goût de Nabuo. Se dernier, une fois les yeux ouverts, il pu encore mieux décrire la personne qui s'était adressé à lui.

    Un homme. Un grand homme. Nabuo lui donnait facilement un mètre 90. Il devait surement avoir la vingtaine d'année. Un homme à la chevelure de feu. Une chevelure éclatante. Un homme éborgné. Il avait de posé sur son œil droit un bandeau noir. Ce bout de tissu se mariait parfaitement avec la couleur flamboyante de ces cheveux et la pâleur de ce visage. Un visage si beau. Si parfait. Les plus grands sculpteurs avaient du se réunir et s'associer pour avoir créé une si belle créature...

    Mais la douleur que lui procurait son poing le ramena vite à la réalité. Il se redressa sur le lit, ouvrit les yeux en grand, et lâcha d'une voix lasse et douce à la fois à l'égard de l'infirmier.

    « Je ne dors pas. Mais... Pouvez-vous, au moins, éteindre les lumières, s'il vous plaît... monsieur ? »

    Devoir appeler ce bel homme "monsieur", et même, seulement lui avoir parlé avait rendu Nabuo vraiment nerveux. Sa voix s'était même brisée. Il était tellement anxieux à l'idée de déplaire à cet homme... Puis, d'une voix plus douce et désolé, il s'excusa.

    « Mes yeux ne supportent pas la forte luminosité... »

    Oui, Nabuo se sentait coupable de donner un ordre à l'infirmier si... beau. Il s'en voulait vraiment. Et il s'en voudrait encore plus quand il devra lui avouer comment son poing a pu se retrouver autant en sang...
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MessageSujet: Re: " Quand est ce qu'on peut dire qu'on a cette maladie d'amour ? "   Jeu 3 Mar 2011 - 18:06

Le jeune homme ouvrit les yeux. Ses yeux étaient d'une couleur étrange, hors du commun. Un rouge flamboyant, presque aussi rouge que le sang qui s'écoulait de sa blessure. Quel étrange personnage. Un albinos, semblait-il. Sid n'en avait jamais croisé, mais il espérait ne plus en revoir de sa vie. Est-ce que tous les individus aux cheveux blancs comme le lait et aux yeux rouge comme le rubis avaient le regard aussi envoutant ? Hypnotisaient-ils tous les simples humains qui croisaient leur route ? Si tel était le cas, mieux valait ne pas en revoir un de si tôt. Celui qui était dans l'infirmerie occuperait bien assez le rouquin. L'infirmier ne devait pas perdre son sang-froid et agir en professionnel. De toute façon, pourquoi n'agirait-il pas ainsi ? Il n'était qu'un tout petit peu déstabilisé, pas la peine de se mettre en état d'anxiété pour si peu ! […]
L'élève demanda à éteindre les lumières. Mais avait-il songé que si Sid s'exécutait, il ne verrait plus rien, lui, et qu'il ne pourrait pas mener à bien son examen ? Quelle impudence si mignonne ! Le borgne en rit. Pas trop fort, mais suffisamment pour faire faire comprendre à son patient qu'il ne se moquait pas de lui. Il se dirigea pourtant vers la porte d'entrée, où se trouvaient deux interrupteurs. Il abaissa le premier, ce qui permit à la rangée d'ampoules située au dessus de Nabuo de s'éteindre. La pièce n'était plus qu'à demi éclairée. L'efficacité de Sid ne serait pas à son maximum, mais il fallait satisfaire les désirs du patient tout autant que la guérison. Un chariot à médicaments se trouvait non loin de l'actuelle place de l'infirmier. Il attrapa un plateau qui s'y trouvait où étaient réunis de nombreux outils de docteur. Et ceux là étaient particulièrement nécessaire pour le soin d'une plaie. Bandes, désinfectant, pansements, scalpel. Le dernier au cas où il y aurait des complications. Et puis, l'attirail habituel tel que le stéthoscope, épingle à nourrice, scalpel de nouveau, pince, marteau, clous, vis, perceuse, etc. Heu, non, je m'égare un peu. Passons. Vous m'avez compris.
Plateau en main, l'homme carotte retourna au chevet de son malade. Il déposa en douceur les ustensiles sur la table à côté du lit et alla chercher une chaise. Il n'en avait pas marre de ces incessants va-et-vient car ils comblaient les trous de sa journée. Et même s'il y avait toujours la fatigue qui l'envahissait, ces déplacements le gardait quelque peu éveillé. De retour avec la chaise, il s'assit dessus, souriant. Il regarda Nabuo qui n'avait pas bougé. Où aurait-il pu aller de toute façon ? Changer de lit pour déconcentrer le médecin ? Se cacher dessous pour semer dans son esprit le trouble ? Courir dans le bureau pour échapper à sa vigilance et espionner sa vie intime ? Avec l'état de son poing, dans tous les cas il aurait été aisé de le suivre à la trace. Mais quel idiot ce Sid, à réfléchir à ce genre de choses en un moment pareil ! Son sourire restait fixé sur son visage, et il s'obligea à le garder tout le long de l'entretien. De toute façon, à-t-on déjà vu ce rouquin sans son sourire sur les lèvres ? Bien sur que non.

« J'espère que les lumières ne vont gênent plus. Je ne peux pas faire mieux, sinon ce sont mes yeux qui vont hurler de douleur. Et il serait très difficile pour moi d'envisager vous amputer dans l'obscurité ! »

Quelle blague. Ha. Ha. Ha. Oui bon, il ne faut pas lui en vouloir, il voulait simplement détendre l'atmosphère. Surtout se détendre lui, en fait. Il n'aimait pas le ton qu'il prenait avec les élèves car il se devait de leur parler poliment, presque sur un ton mielleux, et toujours les vouvoyer, comme s'ils avaient quarante ans de moins que lui. Il commençait toujours par parler comme ça, et une fois que le contact était fait, cette première entrevue dont j'ai déjà parlé, il se permettait de demander le tutoiement et la reprise de ses propos normaux. Je vous illustre ça avec un bel exemple. La première fois, le salut se fait ainsi : « Bonjour Monsieur Untel. Comment allez-vous ? ». Une fois la connaissance faite, ce salut devient : « Hé mec ! J'suis content d'te voir ! T'vas bien, ouais ? ». Mais ne considérons pas le rouquin comme rebelle de la banlieue qui parle comme un campagnard. Non, non, je dirais plutôt qu'il ne se prend pas la tête avec ses mots. Et je m'égare encore.
L'infirmier espérait donc que le contact se ferait rapidement, d'autant plus qu'il n'était pas « Monsieur », mais « Sid », tout simplement. Il hésita à le faire remarquer. Mais après tout, n'était-ce pas ça qu'il voulait ? Je dis : oui. Alors il fit la remarque.

« Ne faites-pas attention à mon humour pour le moins.. Débordant ! Et cessez de m'appeler Monsieur, j'ai l'air d'un vieux ringard de quarante balais. J'm'appelle Sid, c'est plus sympa. »

Il commençait déjà à entrer dans la familiarité. Non mais calmez-vous Monsieur Insane, on a dit pas au premier contact. Vous avez une réputation d'infirmier à tenir. Il s'aperçut de son erreur et ses sourcils se levèrent, sa bouche prit la forme d'un « O ». Une seconde de silence qui gêna le rouquin. Et il reprit.

« Si vous le voulez, bien entendu. Je ne force personne. »

Qu'il se taise pour ne pas s'enfoncer davantage. Son œil se concentra sur le bandage du garçon pour éviter son regard. Un coin de ses lèvres se redressa pour esquisser un sourire et il questionna, professionnellement :

« Je peux.. Examiner votre main ? »

Sa main à lui se dirigea vers le lit, et se posa juste à côté de celle de Nabuo, paume vers le plafond, doigts tendus, dans l'attente du poing sanglant. Seulement du poing. Il espérait que le jeune élève ne ferait aucun commentaire sur ses propos maladroits.
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